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29 avril 2017 : Inauguration de la plaque « Promenade Boris Taslitzky » à Saint-Sulpice-la-Pointe drapeau anglais

Ainsi qu'il avait été annoncé par la Dépêche du Midi le samedi 29 avril 2017, Saint-Sulpice-la-Pointe a célébré la mémoire des déportés par l'inauguration de la plaque « Promenade Boris Taslitzky ».
« Ce sont des leçons de l'Histoire que l'on tire les enseignements du présent pour préparer l'avenir sans pour autant oublier ceux qui sont morts. Il est de notre devoir de ne pas oublier les causes qui entraînent la guerre et les conséquences qui en découlent. Il est de notre devoir de nous souvenir quelles valeurs nous ont été transmises par ceux qui nous ont précédés ». C'est en ces termes que Dominique Rondi-Sarrat, maire de la commune, a proposé au conseil municipal en décembre dernier, de renommer le square du Respect et de la Bonne-Entente en promenade Boris Taslitzky.
Cette dénomination met à l'honneur l'artiste peintre français, d'origine russe, Boris Taslitzky (1911-2005) qui s'est inscrit dans la mémoire de la commune, par-delà l'histoire de la Résistance où son engagement fut exemplaire. Mobilisé, il est fait prisonnier et s'évade. Arrêté en novembre 1941, condamné à 2 ans de prison, il est transféré dans les prisons de Riom et de Mauzac, puis au centre de Saint-Sulpice-la-Pointe où, avec la complicité des autres prisonniers, il peint un ensemble de fresques qui, par un article d'Aragon publié dans la revue "Regards", lui vaut le titre de « Maître de Saint-Sulpice ». Le 31 juillet 1944 il a été déporté au camp de Buchenwald où il est parvenu à faire quelque 200 dessins qui témoignent de la vie de ce camp. Samedi 29 avril à 10h, sur l'esplanade Georges Spénale, habitants et visiteurs ont été cordialement invités à s'associer à cette cérémonie d'hommage, en présence de nombreuses personnalités dont Madame le Maire, Monsieur Jean-Philippe Lantès représentant les associations de la Résistance et de la Déportation, Madame Linda Gourjade député du Tarn et Évelyne Taslitzky fille de l'artiste qui ont prononcé des discours. Les musiques de la Marseillaise et du Chant des Partisans ont été jouées et une minute de silence en souvenir des déportés décédés a été respectée.
L'inauguration a été suivie salle Georges Spénale de la présentation d'une exposition de reproductions de quelques œuvres de Boris Taslitzky montrant certains de ses croquis réalisés au camp de Buchenwald ainsi que quelques peintures. La projection du film documentaire « Fresques perdues, Mémoire vivante » réalisé en 2016 par les élèves du collège saint-sulpicien Pierre-Suc, primé au Concours national de la Résistance et de la Déportation a accompagné cette exposition.

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Saint-Sulpice-la-Pointe, la plaque « Promenade Boris Taslitzky »
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La plaque et les gerbes de la ville de Saint-Sulpice-la-Pointe et des Associations de la Résistance et de la Déportation
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Discours de la députée du Tarn Madame Linda Gourjade
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Discours de Madame le maire Dominique Rondi-Serrat


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Discours de Monsieur Jean-Philippe Lantès représentant des Associations de Résistance et Déportation
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Discours d'Évelyne Taslitzky
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Les porte-drapeaux
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Lever des drapeaux


16 juillet 2017 : Le Président de la République française, Emmanuel MACRON, cite le nom de Boris TASLITZKY dans son discours lors de la cérémonie de commémoration pour le 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv.

« …Dans le monde tel qu'il va où les guerres de religion renaissent, où les conflits ethniques ressurgissent, où l'intolérance et le communautarisme se donnent la main, tout doit être fait pour que l'humanité ne consente pas à s'avilir.
Combien alors nous serons précieux, les exemples de ces déportés qui dans les camps, plongés dans la misère radicale, enveloppés dans l'ombre de la mort se haussèrent au-dessus de l'instinct de survie où on voulait les réduire pour soigner, nourrir, vêtir leurs compagnons d'infortune ; et parfois même pour peindre et dessiner comme Léon DELARBRE ou Boris TASLITZKY pour tenir un journal, comme Etty HILLESUM, pour composer des quatuors ou des opéras, comme Germaine TILLION et pour donner avec pour seule documentation de leur mémoire des conférences sur Proust, Michel-Ange, les sciences naturelles.
Certains disaient que c'était un simulacre pour se tenir encore en vie, mais ça n'était rien de cela. C'était avoir compris que ce qui leur était nié n'était pas simplement la vie peu à peu, à petit feu, c'était leur humanité, c'était notre humanité. Et que jour après jour, quoi qu'amaigris, épuisés, défendre notre civilisation, notre histoire, nos peintres, une langue ou une philosophie, c'était refuser de céder le moindre centimètre de cette civilisation, parce que ce qui était en cause, ça n'était pas survivre, c'était vivre pleinement, totalement, c'était défendre là, dans chacun de ces endroits cette humanité dont chacune et chacun de ces hommes étaient à ce moment-là les véritables dépositaires. Et cela, nous ne l'oublierons jamais… »

Extrait du discours mis en ligne avec la vidéo sur le site du CRIF.